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Je sais : on a toujours tendance à enjoliver le passé. Cependant, pour m’être intéressé, privilège de l’âge ( !), aux huit élections présidentielles qui, depuis 1965, ont eu lieu sous le régime du suffrage universel, je prétends qu’aucune campagne n’a atteint les sommets, ou plutôt les profondeurs, du ridicule comme celle qui nous est offerte. En matière de n’importe quoi c’est un festival quasi-quotidien. La faute évidemment à nos responsables politiques. Mais aussi aux journalistes dits spécialisés qui n’arrêtent pas de se plaindre de l’absence de débat de fond, mais qui font leurs choux gras du moindre lapsus, de la « petite phrase » sortie du contexte et que l’on dissèque avec gourmandise, du geste de l’un, de la mimique de l’autre, des « off »,etc.
Ces derniers jours, par exemple, qu’est-ce qui a le plus passionné les médias hexagonaux?
Sujet numéro un : la déclaration du ministre de l’Intérieur sur les civilisations qui n’auraient pas toutes la même valeur et, surtout, les réactions sollicitées immédiatement à droite et surtout à gauche, sans parler des organisations championnes de la bien- pensance. D’un mot, sans doute employé mal à propos, on a fait l’affaire de la semaine avec le summum du « pétage de plomb » atteint dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale.
Sujet numéro deux : la poignée de mains entre Nicolas Sarkozy et François Hollande, lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). La presse s’attendait à quoi ? A ce que le président de la République et son challenger numéro 1 échangent quelques gifles ? Au passage, on peut s’étonner que, dans un pays laïc, une soirée organisée par une communauté religieuse prenne l’allure d’un événement national auquel le chef de l’Etat et celui qui aspire à le devenir se sentent obligés de participer.
Sujet numéro trois : quand, à quelle heure, sous quelle forme... Nicolas Sarkozy va-t-il annoncer sa candidature ? Comme si le locataire de l’Elysée n’était pas en campagne depuis longtemps. Comme d’ailleurs ses prédécesseurs, du général de Gaulle en 1965 à Jacques Chirac en 2002 en passant par VGE en 1981 et François Mitterrand en 1988. C’est le privilège de tout sortant, qu’il soit maire d’une petite commune ou président de la République, de ne pas avoir besoin de se déclarer officiellement pour sillonner le terrain.
Sujet numéro quatre : le gros plan, bien entendu largement diffusé par internet et les chaînes d’info en continu, sur Gérard Larcher, durant l’émission politique de France 2 dont l’invité-vedette, après François Hollande, était François Fillon. Et tous les commentateurs de s’esclaffer : « l’ancien président UMP du Sénat pique un roupillon pendant que le Premier ministre dresse le bilan de ses gouvernements depuis 5 ans ! » Le plus navrant, c’est que l’intéressé a jugé bon de se justifier et de publier un communiqué pour dire qu’il ne dormait pas, mais envoyait un SMS...
Je m’arrêterai sur cette information du plus grand intérêt, en attendant les prochains épisodes. Car, d’ici le mois de mai, je suis sûr qu’on nous en servira de plus passionnants encore.
PS : j’apprends que Nicolas Sarkozy, après avoir choisi Le Figaro Magazine pour se dévoiler fan de la procédure référendaire ( !), devrait se déclarer soit le 15, soit le 16 février. Ouf ! On va peut-être pouvoir passer à des choses plus sérieuses.